Vous êtes résident du Canada et vous envisagez de quitter le pays pour vous installer en France ou dans un autre pays ? Avant de faire vos valises, il est essentiel de comprendre les conséquences fiscales liées à votre départ.
Lorsqu’un contribuable cesse d’être résident fiscal du Canada, certaines règles fiscales particulières s’appliquent, notamment ce que l’on appelle l’impôt de départ canadien (departure tax).
Cette règle vise à imposer les gains en capital accumulés sur plusieurs types d’actifs avant le départ du Canada. Elle repose sur un mécanisme appelé disposition réputée, qui peut entraîner une imposition même si aucun bien n’a réellement été vendu.
Dans cet article, nous expliquons le fonctionnement de l’impôt de départ, les biens concernés, les exemptions possibles et les stratégies à considérer pour planifier efficacement votre expatriation.
L’impôt de départ canadien, aussi appelé departure tax, s’applique lorsqu’un individu cesse d’être résident fiscal du Canada.
À ce moment, la loi fiscale considère que vous avez vendu la plupart de vos biens à leur juste valeur marchande, puis que vous les avez immédiatement rachetés au même prix.
Ce mécanisme est appelé disposition réputée.
Même si aucun actif n’a été vendu dans la réalité, vous devez tout de même :
Si la juste valeur marchande totale de vos biens dépasse 25 000 $, vous devrez également produire le formulaire T1161 avec votre déclaration de départ.
L’impôt est calculé sur les gains en capital latents au moment où vous cessez d’être résident fiscal du Canada.
Ces gains correspondent généralement à la différence entre :
• la juste valeur marchande du bien au moment du départ
• son coût de base rajusté
Ces montants doivent être déclarés dans votre dernière déclaration de revenus canadienne, généralement produite avant le 30 avril suivant l’année de votre départ.
Même si certaines conventions fiscales internationales peuvent limiter la double imposition, la disposition réputée s’applique généralement à l’ensemble de vos actifs mondiaux, sauf certaines exceptions.
Pour être considéré comme émigrant aux fins fiscales canadiennes, certaines conditions doivent être remplies.
Vous devez notamment :
• quitter le Canada pour résider dans un autre pays
• couper vos liens de résidence importants avec le Canada
Ces liens incluent notamment :
Dans certaines situations, une convention fiscale internationale peut également déterminer votre résidence fiscale à l’aide de règles appelées tie breaker rules.
La question centrale pour l’Agence du revenu du Canada est de savoir si vous avez réellement rompu vos liens de résidence avec le Canada.
Les liens de résidence importants comprennent notamment :
D’autres facteurs peuvent également être considérés, comme la durée de vos séjours au Canada ou votre résidence habituelle à l’étranger.
Lorsque la situation est complexe, il peut être possible de demander une évaluation formelle du statut de résidence auprès de l’ARC.
Vous êtes généralement considéré comme non résident fiscal du Canada à la plus tardive des dates suivantes :
• la date à laquelle vous quittez le Canada
• la date à laquelle votre conjoint ou vos personnes à charge quittent le pays
• la date à laquelle vous devenez résident fiscal de votre nouveau pays
Cette date est particulièrement importante puisqu’elle détermine le moment où les règles de l’impôt de départ s’appliquent.
Une fois devenu non résident du Canada, vous ne serez généralement plus imposé au Canada sur l’ensemble de vos revenus mondiaux.
Cependant, certains revenus de source canadienne peuvent continuer d’être imposés, notamment :
Il est important d’informer vos institutions financières et payeurs canadiens de votre statut de non résident afin que les retenues fiscales appropriées soient appliquées.
La disposition réputée liée à l’impôt de départ vise la majorité des biens détenus dans le monde, notamment :
Ces biens sont évalués à leur juste valeur marchande au moment du départ du Canada.
Certains biens sont exclus de la disposition réputée, bien qu’ils puissent être imposables lors d’une vente réelle ultérieure.
Par exemple :
• certains immeubles situés au Canada
• certains biens utilisés dans une entreprise exploitée au Canada
• certaines actions de sociétés canadiennes non cotées
• certains droits liés à des régimes de pension
Les régimes enregistrés sont également exclus, notamment :
Les biens personnels usuels comme les vêtements, meubles ou véhicules sont également généralement exclus lorsque leur valeur demeure modeste.
Dans certaines situations, il est possible de reporter le paiement de l’impôt de départ.
Pour ce faire, il faut généralement :
• produire les formulaires appropriés (comme le formulaire T1244)
• fournir certaines garanties à l’Agence du revenu du Canada
Ce report permet généralement de retarder le paiement de l’impôt jusqu’à la vente réelle du bien.
Cependant, ce report n’est pas automatique et peut entraîner des intérêts ou certaines conditions supplémentaires. Une analyse fiscale est donc fortement recommandée.
Quitter le Canada peut entraîner des conséquences fiscales importantes, particulièrement lorsque vous détenez des actifs financiers ou des investissements importants.
Comprendre les règles entourant l’impôt de départ canadien permet notamment :
• d’éviter des erreurs fiscales coûteuses
• de réduire les risques de double imposition
• de planifier efficacement la gestion de vos actifs
Avant de transférer votre résidence fiscale vers un autre pays, une analyse adaptée à votre situation peut vous permettre d’anticiper les impacts fiscaux et d’optimiser votre planification. Contactez notre équipe pour une consultation.






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