Une bonne planification de la retraite ne s'arrête pas le jour où vous cessez d'épargner. Elle commence vraiment au moment où vous devez sortir votre argent.
Pendant 30 ou 40 ans, on nous apprend à épargner : cotiser au REER, remplir le CELI, réduire nos frais. Bâtir un patrimoine demande de la rigueur et de la discipline. Le transformer en revenus stables pour le restant de ses jours, tout en payant le moins d'impôt possible, exige une stratégie.
Sans stratégie de décaissement, une part importante de l'épargne d'une vie pourrait finir entre les mains de l'impôt. Une seule mauvaise décision, comme un REER retiré trop tard ou une rente demandée au mauvais moment, peut coûter des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars.
Pour la plupart des gens, la retraite, c'est un âge : 60 ans, 65 ans, « le plus tôt possible ».Chez Barricad, on parle plutôt d'indépendance financière. L'indépendance financière, c'est le moment où les revenus tirés de votre patrimoine couvrent l'ensemble de vos besoins, sans salaire ni revenu d'entreprise. Ce n'est pas une date fixe. C'est plutôt un point d'équilibre entre votre coût de vie et la capacité de votre patrimoine à le financer, année après année, jusqu'à la fin de vos jours.
Atteindre l'indépendance financière ne veut pas dire arrêter de travailler. Ça veut dire que le travail devient un choix et non une obligation. En d'autres mots : vous devenez libre financièrement.
L'âge ne dit rien de votre capacité d'arrêter de travailler. Certaines personnes pourraient le faire à 45 ans. D'autres, à 70 ans et avec un million de dollars en poche, ne le peuvent pas : leur coût de vie dépasse ce que leur patrimoine peut générer.
On entend souvent qu'il faut viser « 70 % ou 80 % de son revenu de travail », ou accumuler « un million de dollars ». Ces règles du pouce ne résistent pas à une analyse sérieuse : deux personnes avec le même patrimoine peuvent vivre des retraites complètement différentes.
Votre indépendance financière dépend plutôt de vos liquidités nettes, c'est-à-dire de ce qui entre moins ce qui sort réellement chaque année.
Ce qui entre :
Ce qui sort :
Le coût de vie est le seul élément sur lequel vous avez un contrôle direct. Le connaître à 5 000 $ près est la première étape de toute planification sérieuse.
Le taux effectif marginal d'imposition (TEMI) mesure ce que vous coûte réellement un dollar de revenu supplémentaire. C'est notre point d'ancrage pour toute décision de décaissement.
Les taux d'impôt affichés dans les tables d'imposition, c'est ce que l'on se fait vendre. Le TEMI, c'est le coût réel du prochain dollar gagné. À la retraite, plusieurs «éléments cachés » s'ajoutent à l'impôt : certains crédits d'impôt et prestations diminuent quand votre revenu net augmente. À titre d’exemple, le seuil de récupération de la pension de la Sécurité de la vieillesse peut être atteint très rapidement.
Un exemple concret (tables 2026)
Une personne de 65 ans ou plus reçoit la SV et a un revenu de 100 000 $.
Pourquoi c'est si important ? Parce que décaisser, c'est comparer. Si retirer 1 $ de votre REER vous coûte 30 ¢ cette année, mais 45 ¢ dans 10 ans, la décision se prend un peu plus facilement. Sans connaître son TEMI, on décide à l'aveugle.
Additionner les soldes de vos comptes ne permet pas de savoir ce qui restera dans vos poches. Pour trouver les vraies pistes d'optimisation, il faut reconstituer l'ensemble de votre situation financière et fiscale.
Notre démarche se fait en quatre étapes :
Pour les projections, on utilise les Normes d'hypothèses de projection de l'Institut de planification financière (IPF). Ce sont des normes neutres et reconnues par toute l'industrie. Une projection n'est jamais une garantie : c'est pourquoi on conseille de la revoir chaque année et, surtout, dès qu'un changement majeur survient (héritage, départ des enfants, vente d'un immeuble, nouveau projet).
Cette analyse vous permet de prendre le contrôle de votre situation. Mais attention : votre marge de manœuvre a une date d'expiration.
On imagine la retraite comme une liberté totale. Sur le plan fiscal, c'est l'inverse : plus vous vieillissez, moins vous contrôlez vos revenus, et plus le risque de payer trop d'impôt augmente.
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La grande zone hachurée du graphique, c'est votre zone de contrôle, votre marge de manœuvre. Quand vous cessez de travailler ou réduisez vos heures, vos revenus baissent. Vous ne touchez pas encore vos rentes publiques. En d'autres termes, c'est vous qui décidez d'où vient votre argent.
Pour certaines personnes, c'est le moment idéal pour devancer des retraits de REER et payer de l'impôt à un taux plus bas. Votre marge de manœuvre, c'est justement l'espace entre vos revenus garantis et le haut de votre palier d'imposition.
Passé 65 ans, les revenus commencent à s'empiler. La RRQ et la SV s'ajoutent à vos revenus de placement, de location ou de société. Ces montants forment un plancher de revenu, et votre zone de contrôle rétrécit.
Ces revenus arrivent automatiquement, que vous en ayez besoin ou non : passer à un palier d'imposition plus élevé devient presque inévitable. Dans certaines situations, retirer 1 000 $ de plus de votre REER peut vous coûter près de la moitié en impôt et en prestations perdues.
Au plus tard le 31 décembre de l'année de vos 71 ans, vos REER doivent être convertis en FERR (fonds enregistré de revenu de retraite). Dès l'année suivante, vous devez en retirer un minimum chaque année, et ce pourcentage augmente avec l'âge.
Si votre REER a grossi pendant des décennies, ces retraits obligatoires s'empilent sur vos rentes publiques. C'est ainsi que plusieurs retraités perdent une partie, voire la totalité, de leur pension de la Sécurité de la vieillesse.
Et au décès, s'il n'y a pas de conjoint à qui le transférer sans impôt, le solde du FERR est imposé d'un seul coup, à un taux pouvant atteindre 53,31 % au Québec.
Plusieurs leviers permettent de réduire l'impôt payé à la retraite. Ils tournent autour de trois questions, et la bonne réponse dépend entièrement de votre situation.
Il n'existe pas de réponse universelle. La bonne stratégie se calcule, année après année, à partir de votre TEMI et de votre marge de manœuvre. C'est exactement ce que nous faisons avec nos clients.
Prendre rendez-vous pour faire le point
Le plus tôt possible, idéalement plusieurs années avant la fin de votre carrière. C'est autour du départ à la retraite que votre marge de manœuvre est la plus grande.
Ça dépend de votre TEMI à la retraite, et de la façon dont il évolue chaque fois qu'un nouveau revenu « obligatoire » s'ajoute : rentes publiques, retraits minimums du FERR. Une analyse périodique de votre situation permet d'avoir une meilleure vue d'ensemble.
Le report augmente la rente, à vie. Mais il n'est pas toujours avantageux : tout dépend de votre épargne, de vos autres revenus et de votre santé.
Quand votre revenu net dépasse un seuil fixé chaque année, vous devez rembourser 15 % de chaque dollar qui dépasse ce seuil, jusqu'à perdre toute votre pension.
Pas nécessairement. Le CELI offre des avantages fiscaux uniques, et l'ordre de vos retraits peut faire une grande différence sur votre impôt. C'est une question à analyser avant de décider.
Attendre 65 ans pour réfléchir à l'ordre de vos retraits, c'est laisser l'impôt décider à votre place. Évaluer votre niveau de contrôle dès maintenant permet d'aplanir votre courbe d'imposition et de garder vos économies là où elles doivent être : dans vos poches.
Le 11 novembre 2026, Dave Poirier, conseiller en fiscalité chez Barricad, présente le webinaire gratuit « Planifier sa retraite quand on gère soi-même ses placements ». Au menu : le TEMI, l'effet entonnoir, le report de la RRQ et de la SV, l'ordre de décaissement, et un cas concret, chiffres à l'appui. Les questions sont bienvenues tout au long de la présentation.
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Ce texte est fourni à titre informatif. Il est fondé sur la Loi de l'impôt sur le revenu et la Loi sur les impôts en vigueur à la date de publication, et ne constitue pas un avis fiscal ou financier personnalisé. Chaque situation doit être analysée par un spécialiste.



